Objectif : Irlande – jour 4

Objectif : Irlande – jour 4

Vendredi 24 mai

The Dark Hedges !

Je n’étais pas certain d’aller visiter ce site, pas certain que le déplacement vaille la peine. Et puis, l’auberge de jeunesse n’est qu’à une quinzaine de  kilomètres, je me suis dit que ce serait dommage de ne pas y aller. Ne serait ce que pour être certain de ne pas rater une photo.

Quand le réveil sonne ce matin, à 4h (Gloups !), dehors le ciel est couvert, à peine une petite fenêtre vers l’horizon. Mais je décide d’y aller quand même !

Pour la petite anecdote, la route « Bregagh Road », bordée par la Dark Hedges, a été utilisée comme lieu de tournage de la série GOT. Le lieu était connu bien avant la série mais elle a fini de précipiter un nombre incroyable de touristes sur site, si bien que les autorités ont dû prendre la décision de fermer ce tronçon de route.

On parle d’un tronçon d’environ un kilomètre bordé de hêtres magnifiques aux formes particulières. Trop de voitures se stationnaient n’importe comment et trop d’imbéciles sur les branches d’arbres qui cassaient sous le poids de la bêtise quand ils ne s’en servaient pas de support pour des graffitis.

Si vous allez sur un moteur de recherche en tapant Dark Hedges, vous trouverez des images absolument renversantes de ces arbres dans des ambiances incroyables de brouillard au lever du jour.

La météo annonçait une matinée claire (sans nuages) mais avec de la brume, les conditions idéales. La météo n’est pas une science exacte, nous avons tous eu l’occasion de le constater. Quand je suis arrivé sur place, la toute petite fenêtre qui laissait apparaitre le ciel n’a pas permis que le soleil illumine ne serait-ce qu’un peu les fameux arbres.

A mon arrivée, vers 4h30, un photographe était déjà au milieu de la route en train de prendre des clichés avec un boitier posé sur trépied. Nous avons rapidement été rejoint par un couple de promeneurs. Et à l’heure où le soleil dépasse de l’horizon, 5h04, pas un rayon de soleil n’est venu réchauffer les arbres. Le seul spectacle ce matin là était le renard qui cherchait son petit déjeuner dans un champ à trois ou quatre cents mètres de nous.

Trois déclenchements plus tard, j’ai regagné ma voiture garée plus loin sur un parking et j’ai regagné l’auberge de jeunesse et mon lit.

Plus tard dans la matinée est arrivé le moment beaucoup moins drôle de dire au revoir à tout le monde. Robert a repris sa route un peu plus tôt. A mon tour de quitter Finn McCool’s, j’ai deux heures et demie de route jusqu’à Rossinver et les Fowley’s falls.

J’ai prévu de rendre la voiture de location le lendemain, en début d’après-midi, sans certitude à cette heure de me rendre dans les Wicklow Mountains en fin de journée comme prévu initialement.

Pour rejoindre la partie plus à l’ouest de l’ile de mon périple, je choisis d’emprunter la route la plus directe mais pas forcément la plus rapide puisqu’elle sillonne en pleine campagne irlandaise.

« Ah t’as voulu voir du pays ! Tu vas en voir » me répétais-je sur les petites routes parfois mal entretenues, ou bloqué derrière un tracteur. Mais j’avais fait ce choix, en effet, d’une part de faire ce voyage, ensuite de le faire pour trouver des endroits à photographier et enfin de le faire en découvrant et en se déconnectant du reste. En cela, la route que j’avais choisie remplissait parfaitement son office !

Les repérages pour ce séjour, je les ai faits sur des sites internet, sur des guides et des cartes. C’est difficile de savoir à l’avance si ce que je vais trouver correspond bien à ce que je cherchais. Qu’on le cherche en France ou à l’étranger d’ailleurs ! J’ai pu être déçu d’arriver, en France et pas forcément loin de chez moi, dans des endroits inappropriés à la photo que j’espérais faire. Précisément, pour ce voyage, je cherchais des cascades à photographier pour des poses longues. Une façon de reproduire un peu mes journées passées dans les coins magiques du Bugey. Le contact avec l’eau dans un environnement naturel, ça me parle !

Quand j’arrive devant le panneau « Fowley’s Falls », je trouve une place pour stationner la voiture. Le simple fait qu’il y ait un panneau est déjà rassurant ! Il y a bien un tel endroit là où je suis arrivé et j’entends le bruit de l’eau !

La météo est bien plus grise ce qui convient bien davantage pour ce genre de photo. J’ai l’agréable surprise de trouver une petite rivière qui ressemble un peu à celles que nous avons dans la région. Je peux me déplacer tranquillement le long du cours d’eau et passer de chutes d’eau en chutes d’eau avec mon trépied, passant d’une pierre à l’autre.

Je passe une bonne heure avant de reprendre la route vers Glencar waterfall.

La cascade de Glencar est très jolie mais les installations soignées tout autour pour la rendre accessible au plus grand nombre lui font perdre, à mon goût, son caractère de milieu naturel.

Au cours des premiers repérages au mois de janvier, j’ai trouvé la Powerscourt Waterfall dans les Wicklow Mountains. La cascade se situe sur un terrain privé qui accueille également des animaux, le tout au milieu d’installations pour les enfants et de tables pour le pic-nic avec un prix d’entrée de 9€. J’ai fini par renoncer à me rendre à cet endroit. Je n’arrive pas à me convaincre que ce prix d’entrée justifie une photo de cascade.

Pour autant, il ne servirait pas à grand-chose de se présenter dans un vaste espace comme les Wicklow mountains sans un point de chute précis. Robert m’a désigné Glendalough, une petite commune avec deux lacs au milieu de montagnes. Trois heures et demie de routes me sont nécessaires pour rejoindre la localité. Pas d’autoroute et pas mal de circulation sur cette route qui traverse l’Irlande.

Quelques photos plus tard, la pluie menace sérieusement et je retourne vers la côte et la ville de Bray, au sud de Dublin pour trouver de l’essence, à manger et un endroit pour passer la nuit dans la voiture.