Objectif : Irlande – jour 1

Objectif : Irlande – jour 1

Mardi 21 mai

Je savoure le plaisir de vivre dans une grande ville qui offre la possibilité de rejoindre son aéroport uniquement en transports en commun qui restent moins chers (mais chers quand même) qu’un taxi.

L’avion est à l’heure, nous embarquons dans les temps pour décoller et atterrir à l’heure prévue. Le temps d’envoyer quelques messages pour informer de mon arrivée sans encombre de l’autre côté de l’Angleterre et je rejoins rapidement l’agence de location de voiture.

J’ai mon permis de conduire depuis une vingtaine d’années, autant de temps passé à conduire du même côté de la charrette. Quel traumatisme pour le français que je suis de se retrouver côté passager… avec le volant dans les mains et du mauvais côté de la route.

L’aéroport est situé au nord de Dublin, à proximité immédiate de la M1 qui va m’emmener jusqu’en Irlande du Nord. Le temps de charger mes affaires dans la voiture rutilante qu’on me présente, de m’y installer confortablement et de régler le gps, la musique et c’est parti ! Direction le Nord !

Second traumatisme en chaine pour un français : les Irlandais ne sont pas les derniers des bourrins quand ils ont pris place derrière leur volant, ils roulent tranquillement, avec courtoisie et ne sont pas bien nombreux sur l’autoroute. Des camions ? Euh… un ou deux alors.

Et le coup de grâce traumatique : le trajet de Dublin jusqu’à l’extrémité Nord de l’Irlande (environ 300kms) ne m’aura couté qu’un euro quatre-vingt-dix en empruntant l’autoroute. Bah oui… ça impressionne !

Ma première destination se situe à quelques kilomètres derrière la frontière de l’Irlande du Nord, donc en Angleterre au cœur des Mourne Mountains. J’arrive dans la petite ville de Bryansford bordée par le Tollymore Forest Park. La route qui conduit jusqu’au parking est bordée de cèdres de l’Himalaya majestueux, immenses, âgés de plus de cent ans. Elle a servi de lieu de tournage a différents films et plus récemment à la série Games Of Thrones.

Je le découvre complètement en arrivant dans ce parc mais l’Irlande s’engage assidument dans la préservation d’espaces naturels. Les parcs forestiers, entre autres, sont des espaces naturels préservés, surveillés. La République d’Irlande comme le Royaume Uni, chacun à sa façon avec ses outils propres. En Irlande du Nord (qui appartient au Royaume Uni), ces sites font partie du réseau de la National Association for Areas of Outstanding Natural Beauty qui supervise huit espaces naturels sensibles (quarante six au total sur tout le Royaume Uni) dont Les Mourne Mountains, la Causeway Coast, Stranford Lough ainsi qu’Antrim Coast and Glens que je visite au cours de mon séjour.

Ces parcs, librement accessibles mais avec un stationnement payant, sont en général la propriété du National Trust for Places of Historic Interest or National Beauty qui en assure la gestion (comme les maisons d’enfance de Paul McCartney et de John Lenon). Ils sont spécialement aménagés pour recevoir tout type de visite comme les campings cars, les campeurs, les voitures ou les camps scouts ! Chacun trouve sa place tout en s’assurant de respecter l’environnement naturel placé au centre des préoccupations.

Tollymore Forest Park est le plus ancien site de préservation des espèces d’arbres d’Irlande du Nord puisque le premier arboretum y est créé au milieu du dix-huitième siècle.

Des chemins, des ponts au-dessus de la Shimna River sont aménagés pour qu’on puisse se promener. Je n’avais pas prévu de passer beaucoup de temps dans ce parc, n’ayant pas connaissance de toutes ces installations. Je marche cependant une petite heure, le temps de trouver quelques endroits magiques pour des photos. Là également, il faudra que je revienne parce qu’il y a encore plein d’endroits à photographier.

NB : bien entendu, l’ensemble des renseignements sur les parcs et les « AONBs » ont été trouvés au cours de recherches sur le net à mon retour en France.

Je reprends la route vers CastleWard (également situé au sein d’un AONBs, Stranford Lough), Downpatirck et Inch Abbey auxquels je consacre un peu de temps pour me balader à pied et quelques prises de vues.

Comme il est encore tôt dans la journée, je décide de continuer ma route vers le Nord et les Glens of Antrim. Après avoir consulter ma carte, je prends la route vers Cushendall et le bord de la mer Celtique. La route sillonne entre les collines qui bordent le littoral et j’arrive depuis les hauteurs vers la mer ce qui donne une vue dégagée sur la côte. Malheureusement, les routes d’Irlande du Nord sont, d’une part, particulièrement étroites et d’autre part, bordées de talus infranchissables pour une voiture, il est très difficile de trouver un endroit où s’arrêter. C’est frustrant parce que le paysage, éclairé par le soleil rasant de fin de journée, est magnifique. Je découvre le paysage et la nature irlandaise au fur et à mesure des kilomètres que je parcours.

Je me stationne sur un grand parking juste à côté d’un camping avec des bungalows et des emplacements pour camping-cars. C’est l’heure de sortir le trépied, les poses longues en bord de mer vont pouvoir commencer !

Juste après avoir sorti le trépied, je sors également la polaire de la voiture. Le soleil est derrière la montagne et le vent finit de rafraîchir l’air ambiant.

Il n’y pas, à proprement parler, de plage à Cushendall. Il faut comprendre qu’à cette latitude, la température de l’air ne doit que très rarement dépasser les vingt degrés au plus chaud de l’été. Alors avec le vent, la température de l’eau n’invite pas tellement les éventuels touristes à la baignade.

Pourtant comme j’installais mon boitier pour les photos, trois adolescentes sont arrivées sur la zone de mise à l’eau des bateaux de secours en mer, en short et t-shirt. Je porte un jean et une polaire pour mémoire et je n’ai pas chaud !

Au bout de quelques minutes d’éclaboussures et de chahut, elles étaient toutes les trois à l’eau. Toujours « habillées » mais à l’eau.

Je suis courageusement resté sur mon rocher à prendre le paysage en photo et à me marrer en les entendant s’amuser.

J’ai repris la route pour trouver un endroit ou arrêter la voiture pour la nuit. En direction de Ballycastle, la route côtière est un spectacle absolument incroyable en fin de journée avec le soleil qui descend vers la mer. Pas plus large que ma voiture, elle suit si bien la côte que lors de certaines montées on doit ralentir parce qu’on ne voit plus du tout la route après la bute. Le ciel et la lande s’embrasent au fur et à mesure que le soleil disparait. Le vent balaye toujours la lande, faisant danser à peu près tout ce qui peut se tenir debout.

Je roule lentement, tout doucement, pour ne rien rater des points de vue vers la mer et l’écosse juste en face. Chaque bute, chaque virage est une autre émotion, un émerveillement.

Je fais trois fois cette route de quelques kilomètres, jusqu’à la tombée de la nuit avant de garer ma voiture au bout d’un chemin, sur un petit parking.